L’appel d’offres pour le site au large d’Oléron n’a cependant pas trouvé preneur.

Alors que le déploiement des éoliennes en France semblait avoir atteint son point de saturation, plusieurs marchés importants cherchaient toujours preneur. L’appel d’offres « Centre Manche 2 » (A08) pour un parc éolien maritime était ainsi l’un des plus attendus. Le ministère de l’Économie a mis fin au suspense, en annonçant le 24 septembre que ce dernier était attribué à TotalEnergies et RWE.

Le plus grand projet de renouvelables français

D’une superficie de 270 kilomètres carrés et installé à 40 kilomètres des côtes normandes, ce dernier offrira une puissance de 1,5 gigawatt et produira annuellement 6 térawattheures. De quoi alimenter en électricité verte l’équivalent d’un million de foyers. Le chantier de trois ans devrait coûter 4,5 milliards d’euros et employer jusqu’à 2500 personnes en même temps. TotalEnergies s’est engagé à privilégier le tissu économique local, déjà bien développé pour ce qui est des compétences offshore. Un financement participatif sera également proposé aux habitants et collectivités de la région Normandie. Avec cet appel d’offres, l’énergéticien augmente fortement sa capacité de productions de renouvelables, qui passe de 2 à 3,5 gigawatts.

Le projet Oléron 1 à bout de souffle

Si l’appel d’offres Centre Manche 2 a été un succès, le ministère a cependant annoncé l’échec de celui d’Oléron 1 (A07), qui n’a tout simplement pas reçu d’offre au terme de la période de candidature. D’une puissance envisagée d’un gigawatt, ce dernier était l’un des plus ambitieux parmi les quelques concessions éoliennes offshore encore en projet. Prévoyant d’installer entre 35 à 70 éoliennes à une profondeur de 70 mètres, un record mondial, le projet, techniquement complexe, était sévèrement critiqué par les entreprises, qui craignaient de ne pas pouvoir atteindre leur seuil de rentabilité.

Une double annonce douce-amère pour les ambitions françaises en matière de renouvelables. La fin de la dynamique autour de l’éolien en France semble en effet bel et bien actée. Près de 35 ans après l’installation de la première éolienne française à Port-la-Nouvelle, dans l’Aude, les projets dans les terres se sont raréfiés. Le développement de l’offshore, entamé en 2019, ne semble pas parti pour durer plus de dix ans. En cause, un équilibre économique jugé douteux par les acteurs du secteur et des projets de plus en plus contestés devant les tribunaux. La France ne semble donc pouvoir compter que sur le solaire – et dans une moindre mesure sur l’hydroélectrique – pour tenter d’atteindre ses objectifs d’énergies renouvelables…

François Arias  

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