À compter du 1er novembre, Enedis revoit le fonctionnement de ses heures creuses pour mieux coller à un mix énergétique de plus en plus riche en renouvelables.
Pour la plupart des usagers français, la transition vers les énergies renouvelables a progressé sans trop se faire remarquer. Avec la réforme du système des heures creuses et pleines, ce sont cependant près de 11 millions de clients qui verront bientôt leurs habitudes bouleversées.
Un héritage du nucléaire
Mis en place dans les années 1970 pour les particuliers, le système des heures creuses était pensé pour la production nucléaire. Celle-ci était en effet constante et assez peu modulable. Un système incitatif a donc été créé pour inciter à plus de consommation la nuit, durant laquelle la production est généralement supérieure à la demande. Jusqu’ici, deux périodes se succédaient : les heures pleines en journée, et les heures creuses généralement pendant la nuit, durant laquelle le prix du kilowattheure était moins élevé d’environ 20 %.
De quoi faire des économies, à condition de s’assurer de bien faire fonctionner les appareils les plus gourmands durant la nuit. Une solution populaire, même si sa rentabilité pour le consommateur est souvent remise en cause, en particulier s’il ne dispose pas d’un véhicule électrique. Il faut en effet basculer au moins un tiers de sa consommation en heures creuses pour s’y retrouver financièrement.
Le solaire rebat les cartes
Mais voilà : même si la France est loin d’atteindre ses objectifs en matière d’énergies renouvelables, ces dernières représentent tout de même un peu moins d’un quart de la consommation française. Le temps du tout nucléaire est révolu : les périodes de surproduction ont changé, notamment en raison de l’essor du photovoltaïque.
Enedis a donc décidé de faire évoluer son système en plusieurs temps. Le 1er novembre, la répartition des huit heures creuses changera. Si le cœur de la nuit est conservé, deux à trois heures creuses seront en revanche déplacées dans l’après-midi. La seconde phase de la réforme interviendra au second semestre 2026, avec la mise en place de la saisonnalité. Les horaires varieront en fonction de la période de l’année afin de mieux s’adapter aux évolutions de la production, mais aussi aux habitudes de vie des Français.
Les clients concernés par ces évolutions seront contactés par leur fournisseur d’énergie, qui leur présentera en détail ces nouvelles conditions. Attention tout de même : si certains systèmes utilisent automatiquement les heures creuses (comme de nombreux chauffe-eau), il faudra bien faire attention à ajuster manuellement vos appareils, par exemple s’ils utilisent un minuteur.
La baisse du coût des renouvelables, solaire en tête, change donc profondément la donne. Les conséquences de ce bouleversement ne se cantonnent plus seulement à ceux qui ont fait le choix d’une installation solaire pour leur domicile ou leur entreprise. Une tendance qui n’est pas près de ralentir, au vu de la diminution rapide du coût des systèmes de production et du stockage.
François Arias
