La chambre haute a voté la réhabilitation d’une pratique interdite depuis 2017.
Depuis la loi Hulot de 2017, le principe était pourtant simple et relativement incontesté : pas de nouvelles explorations ou mises en exploitation d’hydrocarbures sur le territoire français. Un statu quo que le Sénat tente pourtant de chambouler : un texte visant à abroger cette interdiction a été adopté – et ce, contre l’avis du gouvernement.
Un « drill, baby drill » à la française ?
Les défenseurs du texte – aux premiers rangs desquels Georges Patient, sénateur de Guyane apparenté au groupe macroniste, à l’origine de cette proposition –, justifient la volonté de réautoriser la prospection par les perspectives économiques qu’ouvriraient d’éventuels nouveaux gisements. La Guyane en particulier pourrait offrir un potentiel important, puisque de nombreux gisements ont été découverts et exploités dans les régions voisines. Est également mise en avant une plus grande autonomie énergétique : « Même en atteignant la neutralité carbone, la France continuera de consommer des hydrocarbures. Refuser, par dogmatisme toute exploitation nationale, revient à accepter une dépendance définitive aux exportations », déclare ainsi Georges Patient.
Le texte n’a pas fait l’unanimité au sein du gouvernement, ni contre lui ni en sa faveur. Si la ministre de l’Environnement Monique Barbut s’y est opposé, Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, l’a soutenu. C’est le ministre de l’Économie Roland Lescure qui a finalement tranché en défaveur de la proposition de loi, expliquant que « se remettre demain à forer des hydrocarbures serait, de mon point de vue, un contresens social, environnemental et ne résoudrait aucun problème du territoire ».
Désormais adopté par le Sénat, le texte doit désormais passer devant l’Assemblée, où il aura peu de chance d’être adopté compte tenu de la fragmentation de la chambre en trois blocs. Malgré tout, cette tentative de détricoter un texte majeur de la transition énergétique illustre assez bien le backlash écologique de ces derniers mois.
François Arias
