La dernière conférence du World Impact Summit réunissait les candidats déclarés à la mairie de Paris autour de leurs propositions environnementales. Retour sur 1 h 30 d’échanges.

De l’extrême droite à l’extrême gauche, tous les principaux candidats étaient présents, à l’exception de Rachida Dati. La candidate du socle commun et ministre de la Culture a dû annuler son intervention à la dernière minute. 100 Transitions revient pour vous sur les points les plus marquants de ces échanges. 

 

Reconquête : Sarah Knafo

Première à s’exprimer, la députée européenne Sarah Knafo ne jouait pas à domicile. Interrogée sur ce qu’elle retiendrait de la mandature écoulée dans l’éventualité de son élection, elle cite le développement du vélo et la création d’espaces verts, qu’elle juge toutefois mal entretenus, précisant préférer le jardinage à la végétalisation.

Parmi ses mesures phares : le retour des terrasses chauffées (électriques) pour égayer les rues en hiver, la réouverture des voies sur berges aux voitures et le passage du périphérique à 80 kilomètres/heures. Très critique envers la politique automobile d’Anne Hidalgo, qu’elle accuse d’avoir créé des îlots de pollution, elle attribue l’amélioration de la qualité de l’air aux seuls progrès techniques des véhicules.

Knaffo

La candidate de Reconquête propose également des feux de circulation gérés par IA et une première heure de stationnement gratuite pour tous, « pour faciliter la vie des familles qui déposent leurs enfants à l’école ». Côté finances, elle défend une réduction massive du nombre de fonctionnaires, une division par deux des impôts et l’organisation d’un référendum pour tout projet dépassant 10 millions d’euros. Un programme en décalage avec un auditoire largement acquis aux enjeux écologiques.

 

L'union de la gauche et des écologistes pour Paris : Emmanuel Grégoire

Le premier adjoint sortant, candidat d’une gauche (presque) unie, fait de la rénovation thermique des bâtiments la priorité de son éventuel mandat. Les dépenses liées au climat représentent, rappelle-t-il, près d’un tiers du budget municipal, soit 3,3 milliards d’euros par an.

S’il reconnaît un regret, c’est celui d’un calendrier de travaux « probablement un peu trop serré ». Pour la suite, il entend s’appuyer sur le PLU bioclimatique afin de concilier construction et ambitions environnementales, notamment l’objectif de 300 hectares de pleine terre. Il juge que la piétonnisation doit se poursuivre, prévoyant plus de 1 000 rues supplémentaires – sous réserve que les maires d’arrondissement s’impliquent.

Grégoire

Sur les transports, Emmanuel Grégoire souhaite que la Ville pèse davantage face à IDF Mobilités, notamment sur la gestion des bus, qui devrait, selon lui, relever des municipalités. Il assume enfin un plan vélo réalisé à 50 % et promet sa poursuite, en particulier sur des axes saturés comme les boulevards de Magenta et de Sébastopol.

 

La France Insoumise : Sophia Chirikou

La députée de Paris et candidate de La France insoumise devait se distinguer d’une majorité municipale dont elle a longtemps fait partie. Elle attaque frontalement les grands projets tertiaires, visant la rénovation autour de la gare d’Austerlitz et la Tour Triangle, qualifiée « d’horreur ».

Ses priorités : réduire les inégalités d’accès aux espaces verts et accélérer la rénovation des logements publics. Elle dénonce le report de rénovations « classiques » au profit de chantiers énergétiques plus ambitieux, qui laisserait, selon elle, trop de Parisiens dans l’insalubrité.

Chikirou

Très engagée sur le vélo, elle propose un « service public du vélo » pour reprendre la gestion d’un Vélib’ sous perfusion municipale, ainsi qu’un apprentissage renforcé à l’école et des voies réservées tous les dimanches. Plus inattendu : la création d’une filière parisienne de reconditionnement, accompagnée d’écoles dévolues.

 

Horizons - Renaissance : Pierre-Yves Bournazel

Dernier intervenant, Pierre-Yves Bournazel incarne une droite centriste qu’il veut distinguer des polémiques entourant Rachida Dati. Soutenu notamment par Édouard Philippe et Gabriel Attal, il met en avant la nécessité de restaurer des marges de manœuvre financières.

Il propose de ne pas remplacer les départs à la retraite des agents « bureaucratiques » et de céder une partie du parc immobilier municipal. Objectif : rénover l’ensemble des logements publics en dix ans et accompagner la rénovation thermique du parc privé pour éviter l’exclusion des logements classés F ou G.

Bournazel

Sur les transports, il prône une coopération étroite avec la région, notamment pour développer des lignes de bus express et créer 30 000 places de parking-relais, en lien avec les futures gares du Grand Paris Express. Il conclut en promettant de faire de la lutte contre le bruit une priorité, en couvrant 5 kilomètres supplémentaires de périphérique et la mise en place de « brigades sonores » chargées de contrôler bars et cafés.

 

Crédits photos : World Impact Summit 

François Arias

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