Zero Waste France fait le point sur le dispositif de consigne du verre.

Lancé il y a maintenant un an dans quatre régions (Bretagne, Hauts-de-France, Normandie et Pays de la Loire), le projet ReUse était censé marquer le grand retour de la consigne du verre, plusieurs décennies après que l’Hexagone a délaissé ce système au profit du recyclage. Près de 16 millions de personnes devaient ainsi être concernées.

Le dispositif était, sur le papier, aussi simple qu’ambitieux : l’utilisation de contenants standardisés (bouteilles, bocaux, etc.) pour les produits alimentaires, avec en parallèle la mise en place d’un réseau de collecte à grande échelle dans les supermarchés. Tout semblait réuni pour amorcer le retour d’un système certes plus complexe que celui du recyclage du verre, mais surtout bien plus écologique.

Un déploiement en deçà des attentes

Malheureusement, les objectifs n’ont pas été atteints. C’est le constat de l’association Zero Waste France, qui publie un rapport à l’occasion du premier anniversaire de l’initiative. Ce dernier arrive quelques mois après que l'Autorité de la concurrence tire la sonnette d'alarme sur plusieurs points de droit. 

Premier bilan : seuls 350 points de collecte ont été recensés. Bien loin donc des 1 000 points de vente qui devaient être en mesure de récupérer les contenants d’ici à la fin de l’année 2025.

Les faiblesses du système ne se limitent malheureusement pas à la simple collecte. L’association note également que très peu de produits participant au programme se retrouvent dans les rayons. En moyenne, ceux-ci ne comptent qu’au nombre de neuf par magasin et sont, de surcroît, nettement plus chers (parfois jusqu’à trois fois plus) que leurs équivalents vendus dans des emballages jetables.

L’offre se limite d’ailleurs essentiellement aux bouteilles, alors que plusieurs modèles de bocaux étaient censés être disponibles.

Parmi les autres faiblesses relevées : un déficit d’information claire en magasin, ainsi que le manque d’accessibilité des points de collecte – lorsqu’ils existent.

Une offre limitée en magasin

Citeo, responsable du projet, devait déployer toute une gamme de bocaux et de bouteilles réutilisables à destination des industriels, mais l’organisme ne propose pour le moment que des contenants destinés aux boissons.

Dans ces conditions, il est compliqué pour les acteurs de l’agroalimentaire de se lancer. À tel point que certains commerces participant au programme ne proposent parfois aucun produit consigné à la vente.

Seules 222 références sont ainsi recensées au niveau national, alors que les supermarchés en comptent généralement entre 3 000 et 5 000 et que les hypermarchés peuvent en proposer entre 25 000 et 40 000.

Dernier problème relevé : la multiplication des systèmes de collecte, qui entrent parfois en concurrence et sont souvent difficiles à distinguer les uns des autres pour le consommateur.

Le bilan n’est donc pas glorieux pour la première année de ReUse. Malgré les ambitions affichées, le programme souffre de multiples difficultés, allant d’un manque de standardisation à une mise en avant défaillante.

Autant dire qu’il reste encore beaucoup de travail à accomplir si la France entend atteindre ses objectifs en matière de réduction de l’utilisation des emballages à usage unique.

François Arias