Adaptation des bâtiments à la chaleur, stabilité des signaux publics, conduite du changement en entreprise : deux intervenants du Sommet de la Transformation Durable prolongent le débat devant les caméras de BSmart.

Réunis lors de l'édition 2026 du Sommet de la Transformation Durable autour de la table ronde « Compétitivité : de l'importance d'une stratégie énergétique », Juliette Lefébure, directrice générale de l'Observatoire de l'immobilier durable (OID), et Quentin Dérumaux, partner chez Julhiet Sterwen, ont poursuivi l'échange au micro de Fabrice Cousté pour BSmart. En toile de fond de cet entretien : une France traversée par des canicules successives, qui déplace brutalement le curseur du confort d'hiver vers celui d'été :

Compétitivité : de l'importance d'une stratégie énergétique
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Compétitivité : de l'importance d'une stratégie énergétique

Dans un contexte de volatilité des prix et de tensions d'approvisionnement, l'énergie redevient un enjeu stratégique majeur, qui plus est en cette année qui a démarré par la fin de l'ARENH (accès régulé à l'électricité nucléaire historique). Efficacité, renouvelables, mix énergétique : comment sécuriser ses approvisionnements tout en décarbonant ?

10 juillet 2026

Pour la directrice générale de l'OID, ce basculement met au jour un angle mort réglementaire. « Jusqu'ici, les réglementations se sont exclusivement intéressées au froid », rappelle-t-elle, la RE2020 n'ayant abordé le sujet que partiellement et pour le neuf. L'enjeu porte désormais sur la planification plutôt que la réaction, avec des synergies à trouver entre efficacité énergétique, décarbonation et adaptation, l'isolation et l'enveloppe du bâtiment servant les deux objectifs. Les solutions, ajoute-t-elle, existent déjà dans des pays confrontés au climat que la France s'apprête à connaître.

Reste la question du signal envoyé aux acteurs. Le manque de stabilité des aides et des exigences, imputable autant à l'échelon européen qu'au niveau national, prive le marché de perspective. Or la perspective déclenche l'investissement : les annonces sur les interdictions locatives avaient créé un facteur d'obsolescence, donc une rentabilité des travaux. Sans quoi demeure une réalité sociale peu tenable, celle de logements « passoires l'hiver et bouilloires l'été ».

La valeur avant la technique

Côté entreprises, Quentin Dérumaux observe un cycle bien identifié : une mobilisation forte dans l'urgence, puis un reflux. « On a vu beaucoup d'entreprises affirmer des stratégies énergétiques, investir dans des compétences sur le sujet énergie », note-t-il, avant que l'intérêt ne retombe, y compris pour les contrats d'approvisionnement de long terme (PPA) plébiscités au plus fort de la crise.

Le déclencheur relève moins de la technique que du récit collectif. Les transformations aboutissent lorsque les parties prenantes convergent vers une valeur commune, quitte à en négocier le compromis. « Il faut toujours qu'il y ait un vrai sponsorship fort de la direction générale pour en faire des projets d'entreprise », insiste-t-il, sous peine de projets purement techniciens qui ne mobilisent personne. Un constat qui rejoint l'appel de Juliette Lefébure à une vision systémique, attentive à l'existant et aux usages, où la sobriété cesserait d'être un gros mot.

Alexandre Hervaud


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