Un rapport publié par les Nations Unies tire la sonnette d’alarme sur l'état des réserves hydriques mondiales.
Les tensions hydriques ne sont pas nouvelles, mais elles s’aggravent, selon un rapport publié en amont de l’édition 2026 de la conférence de l’ONU sur l’eau. Les auteurs tirent la sonnette d’alarme, expliquant que la surconsommation actuelle brise le cycle de l’eau, ce dernier n’étant plus suffisant pour résorber les pénuries perçues jusqu’ici comme temporaires.
« Ce rapport décrit une vérité inconfortable : de nombreuses régions vivent au-dessus de leurs moyens hydriques et de nombreux systèmes hydriques sont déjà en état de faillite », commente Javeh Madani, l’auteur principal du rapport.
Ce dernier met en lumière non seulement la surconsommation des ressources renouvelables, comme les rivières ou la fonte des neiges, mais aussi celle des réserves de « long terme » que sont les glaciers, les zones humides ou les nappes phréatiques.
Le rapport tire quatre conclusions majeures :
- l’eau ne peut être protégée si les activités humaines continuent d’interrompre les cycles naturels ;
- l’eau est un sujet qui dépasse les frontières géopolitiques classiques et qui peut être utilisé comme outil majeur de coopération internationale ;
- l’investissement dans l’eau est aussi un investissement dans le changement climatique, la biodiversité et la désertification. L’eau ne doit pas être traitée comme un sujet secondaire et une simple conséquence des autres crises environnementales ;
- l’accent mis sur l’eau peut aider à relancer et accélérer les négociations environnementales aujourd’hui ralenties.
Parmi les zones les plus touchées par cette faillite de l’eau sont citées l’Afrique, le Moyen-Orient et certaines parties de l’Asie du Sud, mais aussi l’Amérique du Nord, avec l’exemple du fleuve Colorado et de ses réservoirs désormais exsangues.
D’autres statistiques particulièrement inquiétantes sont mises en avant :
- 50 % de l’eau domestique mondiale provient désormais des eaux souterraines ;
- 40 % de l’eau d’irrigation est prélevée dans des aquifères qui se vident progressivement et dont 70 % sont en déclin ;
- 30 % de la masse glaciaire mondiale a été perdue dans plusieurs régions depuis 1970 ;
- 75 % de l’humanité vit dans des pays classés en insécurité hydrique ou en insécurité hydrique critique.
C’est donc une refonte complète de la gestion mondiale de l’eau que préconise l’ONU. Reste à voir si cet énième signal d’alarme sera entendu, alors que les politiques écologistes sont plus que jamais prises pour cibles.
François Arias
