Suite à sa démission surprise, le fondateur et directeur général, Philippe Pouletty, est remplacé par Isabelle Parize
Bouleversements au sommet de Carbios ! Philippe Pouletty, le fondateur et président du conseil d’administration de la société de chimie verte, a en effet annoncé sa démission le jeudi 20 mars, évoquant des « divergences stratégiques ». Dans un communiqué personnel, il indique qu’il continuera « de protéger ce fleuron industriel français détenteur d’une technologie propriétaire unique des approches d’acteurs étrangers venant de pays aux pratiques industrielles, réglementaires et éthiques éloignées des nôtres, afin que Carbios rayonne en France et à l’étranger, et devienne ainsi un leader mondial français de stade industriel et commercial dans le secteur stratégique du recyclage des plastiques. ».
Un nouveau séisme pour cette pépite de l’industrie française qui avait levé plusieurs centaines de millions d'euros. Le directeur général Emmanuel Laden avait en effet été limogé en décembre, un départ suivi d’un plan de restructuration impactant une soixantaine de postes en janvier. En parallèle, la société avait repoussé de « six à neuf mois » la construction de sa très ambitieuse usine de biorecyclage de Longlaville. En cause, des conditions financières qui rendaient difficiles la mise en place de cette usine pilote capable de recycler les plastiques PET grâce à des enzymes.
Une nouvelle équipe aux commandes
Philippe Pouletty est donc remplacé à son poste de président du conseil d’administration par Isabelle Parize. Âgée de 67 ans et siégeant au conseil d’administration depuis 2022, madame Parize avait pourtant été nommée CEO de Delsey il y a quelques jours à peine.
Ce départ surprise a également rendu vacant le poste de directeur général que Philippe Pouletty occupait de manière transitoire depuis décembre. C’est Vincent Kamel qui prend donc le relai. Ce vétéran de l’industrie de la chimie était administrateur de Carbios depuis 2021.
L’avenir s’annonce donc trouble pour Carbios, qui comme de nombreuses greentech a du mal à naviguer le passage à une échelle industrielle malgré des technologies prometteuses.
François Arias
