Le PDG de l’électricien français Luc Rémont est congédié au profit de Bernard Fontana.
La tension était à son comble depuis plusieurs semaines entre le désormais ex-PDG d’EDF Luc Rémont et l’État actionnaire. Mais ce dernier a finalement tranché en congédiant celui qui était à la tête d’EDF depuis septembre 2022.
Conflits sur les prix
Principale cause de la rupture avec ce proche d’Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée : des différends ces dernières années sur la stratégie de relance du nucléaire. La feuille de route sur la question est en effet passée d’un abandon du nucléaire au début du premier quinquennat à une campagne de construction massive, puisque pas moins de six réacteurs EPR2 devront être mis en chantier.
Au-delà des désaccords sur certains points de la stratégie nucléaire de l’électricien français, Luc Rémont s’est également retrouvé en opposition frontale avec de grands industriels sur la question des tarifs de l’électricité. Lourdement endettée, EDF souhaitait les augmenter, tandis que les industriels et l’État désiraient les maintenir le plus bas possible pour éviter la désindustrialisation. Un « clash » qui aura eu la peau du mandat du PDG trois mois avant la date prévue.
Un ancien de Framatome aux manettes
Luc Rémont est donc remplacé au pied levé par Bernard Fontana, nommé le vendredi 21 mars après annonce de l’Élysée. Âgé de 64 ans, ce polytechnicien est un spécialiste de l’industrie, notamment passé par la chimie à la SNPE, la métallurgie chez ArcelorMittal, le ciment chez Holcim. Officiant chez Framatome depuis 2015, il avait réussi à rendre le fabricant de chaudières nucléaires à nouveau rentable. Depuis l’an dernier, il était également en charge d’Arabelle Solutions, qui fabrique de son côté les turbines et avait récemment été réintégré à EDF. Un profil particulièrement marqué par le nucléaire, qui aura entre autres pour mission de mener à bien le chantier des nouveaux réacteurs français.
François Arias
