Un profil social choisi pour diriger la troisième assemblée constitutionnelle française

Après cinq années de mandat, Thierry Beaudet quittait aujourd’hui la présidence du Conseil économique, social et environnemental. L’institution, qui a récemment renouvelé ses 175 conseillers, se réunissait donc cet après-midi afin de les installer et d'élire sa nouvelle présidente.

Pour la première fois de son histoire, deux femmes se sont hissées en finale de cette élection à la tête de l’instance consultative créée en 1946. C’est finalement Claire Thoury qui a remporté le scrutin avec 97 voix, contre 74 pour sa concurrente Dominique Carlac'h, auxquels s’ajoutent deux bulletins blancs.

Des candidates aux profils contrastés

Claire Thoury et Dominique Carlac'h présentaient des parcours très différents. Âgée de 37 ans, la première, proche de Laurent Berger, était soutenue par la quasi-totalité des syndicats et faisait figure de favorite. Sociologue de formation, elle préside depuis 2021 Le Mouvement associatif, qui fédère, à travers ses 700 000 associations membres, près de la moitié des structures associatives du pays.

De son côté, Dominique Carlac'h, ancienne championne de France du 400 mètres, est également une entrepreneuse ayant récemment vendu sa société de conseil. Elle bénéficiait notamment du soutien des milieux patronaux, en particulier du Medef. Elle avait d’ailleurs brigué à deux reprises la présidence de l’organisation patronale et siégeait encore dans ses instances dirigeantes jusqu’à la fin de l’année dernière.

Cette première présidente du CESE aura fort à faire, alors que l’institution a récemment été critiquée pour son financement par la Cour des comptes et par la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Le CESE est également régulièrement pointé du doigt pour des positions jugées trop consensuelles, au point, selon certains observateurs, d’en devenir inutile.

Un reproche que Claire Thoury reconnaît en partie, expliquant durant sa campagne que « le consensus à tout prix n’est pas souhaitable s’il conduit à diluer les prises de position ».

"Ensemble, nous allons placer le CESE au cœur, non pas comme objet des débats, mais comme l’espace du dialogue exigeant, de la connexion avec la vie quotidienne, comme le lieu qui engage une bataille du réel et qui met en mouvement des centaines de milliers d’organisations pour porter les sujets nécessaires au bon moment et au bon endroit." déclare la présidente nouvellement élue.

Parcours

Âgée de 37 ans, cette diplômée en communication politique et sociale est également titulaire d’un doctorat en sociologie consacré à un sujet aux accents prémonitoires : « L’engagement étudiant dans un monde d’individualisation : construction identitaire et parcours politiques ».

L’engagement de Claire Thoury dans le milieu associatif ne date pas d’hier. Elle a été vice-présidente des étudiants de l'Université Sorbonne Nouvelle ainsi que membre du Conseil d’orientation des politiques de jeunesse. Entre 2017 et 2021, elle a occupé le poste de déléguée générale d’Animafac, un réseau d’associations étudiantes consacré à l’accompagnement du tissu associatif étudiant. 

Depuis 2024, elle est cheffe de projet ESG à l’Institut mutualiste pour l’environnement et la solidarité, une structure créée la même année par le Crédit Mutuel Alliance Fédérale et dirigée par Laurent Berger. En parallèle, elle siège au CESE depuis 2021.

François Arias

Newsletter Flash

Pour recevoir la newsletter 100 Transitions,
merci de renseigner votre mail

{emailcloak=off}