L’une des mesures les plus contestées de la loi Duplomb refait surface.

Malgré plusieurs pétitions record, un retoquage du Conseil constitutionnel et une opposition (certes timide) du gouvernement, le Sénat a voté, par 183 voix contre 129, la réintroduction de l’acétamipride et du flupyradifurone. Plusieurs agences et experts considèrent que ces deux pesticides, utilisés pour la culture de la betterave et de la noisette, présentent des risques pour les pollinisateurs et la biodiversité.

Ce vote de la chambre haute résulte d’un passage en force de la droite et d’une partie du centre, qui ont intégré la réautorisation de ces deux substances dans un amendement à la loi d’urgence agricole, en cours d’examen au Palais du Luxembourg.

Une mesure portée, entre autres, par le sénateur de la Haute-Loire Laurent Duplomb, pour qui l’usage de ces pesticides, toujours autorisés ailleurs en Europe, est indispensable à la compétitivité des agriculteurs. Du côté de la gauche et des associations environnementales, les réactions sont virulentes et dénoncent une véritable mesure rétrograde.

Confusion gouvernementale

De son côté, le gouvernement semble s’inquiéter que cet amendement, hautement contesté, puisse ralentir, voire empêcher, l’adoption du projet de loi lui-même. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a ainsi déclaré : « On ne nous le pardonnerait pas dans les fermes. »

Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, s’engageait un peu plus contre la mesure elle-même, déclarant que « lorsque des doutes sérieux existent sur les effets d’une substance pour la santé humaine ou pour la biodiversité, notre responsabilité est d’agir avec prudence ». Les deux ministres se sont illustrées ces derniers jours par des positions de plus en plus contradictoires, voire rigoureusement opposées.

La polémique autour de ce texte qui attaque violemment la cause environnementale ne risque pas de retomber au fil des navettes entre l’Assemblée et le Sénat. D’autres dispositions très contestées, comme l’autorisation d’abattages des loups, figurent également au programme. Surtout, c’est une réforme de la gestion de l’eau qui risque de faire grincer très fort des dents, alors que la France sort de la pire période caniculaire de son histoire et que de nombreux experts tirent déjà la sonnette d’alarme sur le risque d’une sécheresse majeure cet été. Au moment où nous écrivons ces lignes 82 départements sont ainsi déjà concernés par des restrictions de l’eau potable…

François Arias

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