Le but est d'identifier et de faciliter l’exploitation de ces zones sous-utilisées.

Avec l’adoption de la loi ZAN, la disponibilité du foncier est devenue un point fondamental pour la stratégie immobilière à la fois des acteurs publics et privés. L’utilisation et la reconversion de friches en particulier sont inévitables, et de nombreux projets voient le jour autour de la valorisation de ces dernières.

Reste que, jusqu’ici, il n’existait aucun inventaire précis de ces surfaces au niveau national. Une lacune que le ministère de la Transition écologique a donc voulu combler, en demandant au Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) d’inventorier la totalité des niches disponibles en France.

Nommé Cartofriches, ce rapport est le fruit de la synthèse entre des données collectées au niveau national par le Cerema lui même, mais aussi par l’intégration des données issues d’une vingtaine d’observatoires locaux des friches. Le fruit de ce travail est publié sur un portail ouvert à tous.

Faciliter les projets

Ce premier recensement a détecté près de 15 000 friches, pour une superficie cumulée de 60 000 hectares. Un chiffre qui devrait cependant grossir dans le futur : 13 000 autres terrains (60 000 ha) ont été aussi identifiés, mais n’ont pas encore été contrôlés pour valider leur statut de friche. Au total, le Cerema estime que ce sont entre 80 000 et 140 000 hectares qui pourraient être concernés. De quoi alimenter la consommation foncière de la France pendant plus d’une décennie si ces dernières venaient à être réhabilitées.

Le rapport souligne d’autres chiffres intéressants. Ainsi, 33 % des friches sont issues de l’habitat, contre 22 % des activités industrielles. Ces dernières sont cependant plus grandes en moyenne, puisque l’industrie est responsable de la moitié des surfaces en friche. À noter également que les différents acteurs n’ont pas attendu un recensement national pour s’intéresser au sujet : 28 % des terrains, soit 8 000 hectares, font ainsi déjà l’objet d’un projet de reconversion. 

Toutes ces friches identifiées n’ont cependant pas le même potentiel. La moitié d’entre elles (37 000 ha) pourraient servir à des activités industrielles, tandis que seuls 2000 hectares ont le potentiel nécessaire pour la construction de logements. Pour finir, 1500 friches pourraient faire l’objet d’une renaturation.

La mise en place de cette base de données laisse donc espérer que l’application de la désormais contestée loi ZAN se facilite, et que la mise en place de projets de reconversion s’accélère, qu'ils soient portés par les promoteurs ou les collectivités.

François Arias

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