Dualsun parie sur la mutualisation des lignes de production pour tirer son épingle du jeu.

Alors que la guerre en Iran pousse les gouvernements à accélérer l’électrification de leur économie, et que l’Europe prend enfin conscience de sa vulnérabilité vis-à-vis de la Chine dans le domaine des énergies renouvelables, Dualsun annonce le rapatriement d’une partie de sa production sur le continent européen, six ans après avoir fait le choix d’une fabrication chinoise.

La société marseillaise est l’un des principaux acteurs français du secteur, avec environ un quart du marché des particuliers. Si elle produit ses éléments thermiques et effectue l’assemblage d’une partie de sa gamme en France, la majorité de ses fournisseurs restent asiatiques.

Une alliance industrielle

Dans un contexte marqué notamment par la mise en place, l’an passé, d’une TVA à 5,5 % pour certaines installations solaires certifiées, l’entreprise a dévoilé, le 6 mai, son plan de relocalisation industrielle baptisé « Azur », du nom de son panneau solaire haut de gamme. Éligible à cette TVA réduite, ce dernier se distingue par son efficacité, sa conception adaptée aux conditions climatiques extrêmes et, surtout, son assemblage en Europe.

Pour concrétiser ce projet, Dualsun a mis en place un partenariat avec un acteur historique du secteur, le fabricant autrichien Sonnenkraft. Une ligne de production sera ainsi mutualisée afin de réduire les coûts et tenter de rivaliser avec la production chinoise.

Une concurrence chinoise toujours dominante

Très avancée technologiquement et bénéficiant d’économies d’échelle considérables, l’industrie chinoise a en effet inondé le marché mondial ces dernières années. Dualsun tire d’ailleurs la sonnette d’alarme concernant la TVA à 5,5 % : bien qu’elle ait été pensée pour favoriser les filières locales, elle profite aujourd’hui majoritairement aux produits chinois.

Une tendance jugée inquiétante par l’entreprise : alors que la part des projets à 5,5 % utilisant des panneaux européens était proche de celle des panneaux chinois en décembre dernier (4 % contre 6 %), l’écart se creuse désormais très rapidement. En mars, les produits européens représentaient encore 5 % des projets concernés, contre 22 % pour les produits chinois.

Si toute initiative visant à relocaliser la production liée aux énergies renouvelables en France ou en Europe est bonne à prendre, la question de la montée en puissance industrielle — indispensable pour atteindre une véritable compétitivité — reste entière. Surtout, cela ne suffira probablement pas à court terme sans une politique beaucoup plus volontariste en matière de souveraineté industrielle, tant au niveau national qu’européen.

François Arias

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