Alors qu’une nouvelle version de la loi Duplomb tente de réintroduire les néonicotinoïdes, l’Agence Bio est dans la tourmente.

De son nom complet « Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique », l’Agence Bio a été créée en 2001, à l’initiative du gouvernement Jospin. Elle a pour mission de développer l’agriculture biologique en France. Une mission qu’elle a menée avec un certain succès, puisque ce sont désormais plus de 61 000 exploitations, représentant 14 % du secteur français, qui sont engagées dans l’agriculture biologique.

Une dynamique que risque cependant d’entraver les menaces qui pèsent sur l’Agence. L’an passé, le sénateur Laurent Duplomb, porteur du projet de loi contesté qui porte son nom (et qui tente en ce moment de réintroduire une nouvelle fois plusieurs néonicotinoïdes), avait tenté de la supprimer dans son texte. Si la tentative avait échoué, l’existence même de l’Agence Bio est désormais lourdement menacée : la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a décidé de lui retirer 15 millions d’euros de crédits, soit près de 60 % de son budget.

La simplification de l’action publique comme prétexte

Le coup de grâce semble avoir été le licenciement de sa directrice, Laure Verdeau, qui venait de terminer un mandat de cinq ans. Le soutien ouvert et appuyé des différents acteurs du secteur n’y aura rien changé : le licenciement a été acté en janvier, et un appel à candidatures pour trouver un remplaçant a été publié par le ministère. Les conséquences ne se sont pas fait attendre : le syndicat des magasins bio (SYNADIS Bio) a annoncé son retrait de l’organisme, tandis que sa présidente Christelle Le Hir (par ailleurs présidente du directoire de La Vie Claire) se retirait des instances dirigeantes.

Après 25 ans de relatif consensus autour de l’agriculture biologique, un démantèlement en bonne et due forme de l’Agence Bio semble plus proche que jamais. Reste désormais à voir comment ses différentes missions seront réparties, et, à plus long terme, quel sort sera réservé à l’agriculture biologique elle-même.

François Arias

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