La FNES a officiellement vu le jour pour représenter l’ensemble des professionnels du photovoltaïque français, menacé notamment par les attaques de la droite et l’extrême-droite. 

L’information bruissait sur les sites spécialisés, de PV Magazine France à Greenunivers, depuis le dépôts des statuts de cette nouvelle organisation le 21 juin dernier - jour où le soleil brille le plus, évidemment. Le lancement de cette structure intervient dans un contexte paradoxal pour le secteur : alors qu’au niveau européen, un nouveau record a été établi en juin, avec le solaire représentant 22,1 % (45,4 TWh) du mix électrique de l’Union européenne, devenant ainsi la première source d’énergie devant le nucléaire (21,8 %), le photovoltaïque compte des détracteurs de plus en plus vocaux au sein de la classe politique française. 

Défense et promotion

La FNES, présidée par Floriane de Brabandère, ambitionne de fédérer "toute la diversité" de la filière solaire, des installateurs aux distributeurs, en passant par les bureaux d’études, les éditeurs de logiciels et les organismes de formation, mais également les citoyens engagés. L’association entend répondre à un "besoin stratégique" : affirmer une vision claire et partagée du secteur face aux "attaques irrationnelles" contre le solaire.

Un positionnement complémentaire

La nouvelle fédération se veut complémentaire des instances existantes, notamment le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et Enerplan. "Dans une posture apolitique et consensuelle, notre ambition n’est absolument pas de concurrencer ces organisations", assure Floriane de Brabandère à PV Magazine France. L’objectif est plutôt de "mettre tout le monde autour de la table pour avoir des débats en interne dans la filière", précise-t-elle à l’AFP. La Fédération entend mener à bien quatre missions : rassembler et défendre la filière solaire dans toute sa diversité, soutenir un développement équitable, durable et responsable, centraliser pour coconstruire une voix institutionnelle solide et crédible et communiquer pour démocratiser et vulgariser le solaire auprès de tous.

Un contexte de tensions politiques

Cette création intervient dans un contexte de critiques accrues contre les énergies renouvelables, en particulier de la droite et de l’extrême droite qui accusent notamment le photovoltaïque de faire flamber les coûts de raccordement. La tentative d’instaurer un moratoire sur les nouvelles installations renouvelables a été rejetée le 24 juin par l’Assemblée nationale. La filière s’estime victime "d’attaques assez injustes, qui peuvent être utilisées pour de la récupération politique", déplore la présidente de la FNES auprès de l’AFP.

Depuis plusieurs semaines, les administrateurs bénévoles s’activent pour mettre en place des outils internes, organiser la veille règlementaire, construire un plaidoyer positif et structurer des collèges thématiques qui accueilleront dès la rentrée les premiers adhérents. Avant même le lancement officiel, des centaines d’entreprises ont d’ores et déjà annoncé leur intention d’adhérer à la nouvelle structure, dixit son communiqué de presse de lancement.

Alexandre Hervaud

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