Sébastien Lecornu a choisi un profil technique pour le poste.

Pour son deuxième gouvernement en moins d’une semaine, le Premier ministre a quelque peu changé son fusil d’épaule. Là où Lecornu 1 reprenait presque à l’identique l’équipe du gouvernement de François Bayrou, Matignon a cette fois opté, au moins en partie, pour de nouveaux profils à la coloration souvent moins politique et plus technique que leurs prédécesseurs.

En témoigne le ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature. À sa tête, Monique Barbut a remplacé Agnès Pannier-Runacher, qui avait déclaré ne pas vouloir repartir pour un tour.

Peu connue du grand public, cette haute fonctionnaire de 69 ans n’a jamais été engagée en politique. Elle possède en revanche un solide CV en matière d’écologie, puisqu’elle y a consacré une grande part de sa longue carrière.

Parcours

Diplômée d’économie, Monique Barbut commence sa vie professionnelle en 1981 à l’Agence française pour le développement. Initialement manager du bureau réunionnais de l’agence, elle y grimpe les échelons pendant plus de 20 ans. En 1994, elle découvre l’écologie en devenant la première secrétaire générale du Fond français pour l’environnement mondial (FFEM). Créé en 1992 dans la foulée de la conférence de Rio, ce dernier a pour objectif d’aider les pays en développement dans leurs stratégies de développement durable.

Elle quitte l’AFD en 2003 après avoir travaillé pendant plusieurs années sur les sujets de développement dans les DOM-TOM. Entre 2003 et 2006, elle travaille pour le programme environnement des Nations unies en tant que directrice de la division Technologie, Industrie et Économie de l’agence. Elle pose ensuite ses valises à Washington, où elle dirige le Fonds pour l’environnement mondial jusqu’en 2012. Travaillant à la fois avec les organisations internationales, le privé et les ONG, le FEM est le plus important bailleur de fonds mondial pour les projets environnementaux. Elle devient secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification entre 2013 et 2019.

Son dernier poste en date ? La présidence de WWF France, entre 2021 et 2024. Plus récemment, elle avait également été conseillère de l’Élysée sur les questions environnementales.

Un programme chargé

Rompue à la diplomatie internationale, Monique Barbut devrait rapidement replonger dans le bain : elle devra représenter la France à la COP 30 de Belém dans quelques semaines (si tant est que le gouvernement survive jusque-là). Au-delà des considérations de pure politique intérieure, la nouvelle ministre de l’Écologie prend son poste alors que le sujet, pourtant crucial, essuie un backlash inédit, en France comme à l’international.

Elle devra donc gérer restrictions budgétaires, oppositions de ses collègues du gouvernement et composer avec un contexte international tendu, avec notamment un Donald Trump vent debout contre l’écologie. Autant dire que son nouveau poste ne sera pas de tout repos…

François Arias

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