Le premier ministre espagnol Pedro Sánchez souhaite que l'Union européenne se saisisse du sujet.
La question de l’utilité, et de la suppression, du changement d’heure fait partie de ces marronniers normatifs qui agitent régulièrement les gouvernements depuis des décennies.
On n’a pas de pétrole, mais on a des idées
Introduit en Europe durant la Première Guerre mondiale pour tenter d’économiser de l’énergie, le concept du changement d’heure a été adopté en 1917 en France, avant d’être abandonné en 1945. Il fait pourtant son retour dans l’Hexagone en 1976 : dans la foulée du choc pétrolier de 1973, tout est bon à prendre pour tenter de limiter la consommation électrique des Français. Censé ne s’appliquer que pendant la crise énergétique, le changement d’heure s’est transformé en l’une de ces mesures « temporaires qui durent ».
Le dispositif est pourtant loin de faire l’unanimité. Les gains énergétiques qu’il permet sont marginaux, certaines études estimant même qu’ils pourraient être négatifs. Le changement d’heure n’altère pas les habitudes sociales des habitants, et il a des répercussions négatives sur la santé des citoyens, tout en entraînant des complications pour les administrations et entreprises.
Une suppression perdue dans les limbes
L’Union européenne avait bien tenté de renoncer au changement d’heure en 2019, avec un vote au Parlement programmant sa fin en 2021. La mesure était malheureusement passée à la trappe pour cause d’épidémie de Covid, qui avait perturbé l’ordre des priorités.
Le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sánchez semble toutefois bien décidé à remettre la question à l’ordre du jour. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, il a appelé à la « fin d’un système obsolète ». Une proposition allant dans ce sens sera donc proposée dès lundi prochain à l’occasion du Conseil européen de l’énergie, des transports et des télécommunications.
Reste cependant à voir si cette initiative sera bénéfique et si Pedro Sánchez sera suivi par le reste des dirigeants européens… En attendant, n’oubliez pas d’ajuster vos horloges le dimanche 26 octobre !
François Arias
