Comme tous les mois, le Citepa publie son baromètre des émissions mensuelles de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques, et en profite pour dresser un premier bilan de l’année 2025.

Les émissions brutes de CO₂ continuent de baisser et atteignent désormais 364 mégatonnes, soit leur niveau le plus bas depuis 1990. Malheureusement, si la tendance est bien à la baisse, les émissions n’ont diminué que de 1,5 % sur l’année. Après une diminution de 6,8 % en 2023 et de 1,8 % en 2024, le rythme continue donc de ralentir…

Le détail secteur par secteur apporte des éclairages supplémentaires. Ainsi, celui de l’énergie, déjà très décarboné, est en très légère hausse (+0,5 %), tandis que l’industrie affiche, elle, une baisse de 3,5 %. L’usage des bâtiments, ainsi que les activités résidentielles et tertiaires, recule de 1,5 %, un chiffre similaire à celui des transports (-1,4 %) et de l’agriculture (-1,2 %).

Ces chiffres sont d’autant plus médiocres que, dans le même temps, l’économie française n’était pas dans une forme olympique, avec un PIB en croissance de seulement 0,9 %, selon l’Insee.

Une trajectoire bien loin des objectifs annoncés

Alors que la France vise toujours la neutralité carbone en 2050, la réalité est que la baisse de ses émissions est bien loin d’être à la hauteur de ses ambitions. Elle devrait atteindre 4 % par an pour respecter la cible des 279 mégatonnes de CO₂ en 2030. Les chiffres détaillés dans le rapport montrent que les efforts structurels pour réduire les émissions sont insuffisants et que l’essentiel de la baisse est imputable à un recul de l’activité plutôt qu’à sa décarbonation.

La pollution atmosphérique suit la même tendance : une baisse qui ralentit et laisse plutôt présager une stabilisation. Les émissions de PM 2,5 sont ainsi presque stables (-0,6 %), tandis que celles de dioxyde d’azote font à peine mieux, diminuant de 1,6 % sur l’année.

L’année 2025 n’est donc pas glorieuse pour les objectifs écologiques français, alors même que la thématique ne semble clairement pas être une priorité du gouvernement en place.

François Arias

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