La nomination de cette ancienne élue écologiste avait provoqué une levée de boucliers de la part des agriculteurs.

Fin janvier, Anne Le Strat a été nommée directrice générale déléguée à la mobilisation de la société de l’Office français de la biodiversité (OFB), prenant ainsi le relais d'un Christophe Aubel partant à la retraite.

Un profil solide…

Sur le papier, Anne Le Strat semble cocher toutes les cases pour diriger l’OFB. Cette docteure en géopolitique de 57 ans affiche une longue carrière politique au Conseil de Paris sous étiquette écologiste et surtout dispose également d’une solide expérience dans la gestion d’établissements publics.

Elle a en effet dirigé pendant une douzaine d’années Eau de Paris, la régie de gestion de l’eau de la capitale. Un poste dans lequel elle a profondément réformé l’institution, rompant les contrats avec Suez et Veolia et ramenant ainsi cette compétence sous le contrôle d’une régie publique. Elle a par ailleurs été impliquée dans la direction d’instances telles que le SIAAP ou l’Agence de l’eau Seine-Normandie.

… mais pas du goût des agriculteurs

Un profil expérimenté qui n’était cependant pas du goût des syndicats agricoles, la Coordination rurale en tête, qui affirmaient que ce choix remettait en cause la neutralité du service public. Plusieurs élus de droite, dont le sénateur Laurent Duplomb, avaient également contesté la nomination d’un profil jugé trop marqué écologiste.

Bien que défendue par sa ministre de tutelle, Monique Barbut, une enquête administrative avait été ouverte par les services du Premier ministre concernant son recrutement.

Beaucoup de bruit pour rien

Les résultats de l’enquête sont finalement tombés : le dossier a été traité dans les règles, et la nomination d’Anne Le Strat est donc parfaitement valide. Elle pourra ainsi rester à la tête de l’OFB.

Si elle ne reposait pas sur des éléments solides, cette contestation illustre néanmoins les tensions grandissantes autour des agences de protection de l’environnement, de plus en plus attaquées par certains syndicats agricoles et une partie du monde politique qui les soutient.

En filigrane, un message plus inquiétant apparaît : celui selon lequel les engagements politiques ou associatifs, passés ou présents, seraient disqualifiants pour les hauts fonctionnaires. Un point de vue qui peut surprendre, tant le reclassement d’élus et d’anciens membres de cabinets ministériels dans des organismes publics ou parapublics est une pratique répandue, en particulier à l’approche d’échéances électorales défavorables pour le parti sortant.

François Arias

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